La sculpture à La Grande Motte 2017-09-15T17:00:57+00:00

Jean Balladur souhaite, dans son projet de construction d’une cité idéale, faire de l’art une partie prenante de son projet. L’idée étant de permettre aux futurs vacanciers d’aller, naturellement, à la rencontre d’oeuvres disposées dans le domaine public. Mieux, il demande aux jeunes artistes qui travaillent avec lui sur le terrain dès 1966, de donner à ces oeuvres « une valeur d’usage« . C’est à dire qu’il est question de les rendre accessibles en les transformant en fontaines, douches, jeux pour enfants… l’art se démocratise donc à La Grande Motte ! La seule contrainte faite aux artistes : utiliser les matériaux disponibles sur l’immense chantier que constitue La Grande Motte. Le béton sera donc à l’honneur.

Il seront essentiellement trois à travailler à La Grande Motte, artistes pionniers sur le territoire de tous les possibles :

Michèle Goalard est peintre et sculpteur en milieu architectural. Elle est également la coloriste-conseil de Jean Balladur pour l’ensemble de la station. Elle réalisera plusieurs des œuvres majeures de la ville : des vagues en briques et béton au pied de la Grande Pyramide; une place du Cosmos et des fontaines/douches  place de l’homme au Couchant ; les veilleurs portant la lumière sur la passerelle des Lampadophores à l’entrée Ouest de la cité ; les formes oblongues et chantournées des personnages du Village Vacances Familles (actuel Club Bélambra) en collaboration avec Albert Marchais, l’air du jeu du même VVF ou encore quelques unes des formes féminines qui parsèment ledit village de vacances ; une terrasse de méditation sur les hauteurs du Point Zéro.

Ecoutez : Michèle Goalard parlant de la passerelle des Lampodophores, et de la place de l’Homme

Joséphine Chevry est une tout jeune artiste, elle a alors 26 ans, quand Jean Balladur lui propose de venir faire ses armes à La Grande Motte. Nous sommes en 1967, la ville ne va pas tarder à naître. Le bâtiment du Point Zéro est en train de sortir de terre. Il faut aménager, dynamiser, civiliser quelque peu ses abords et surtout la « queue du poisson », cette partie qui repose quasiment sur la plage. Joséphine Chevry va s’y atteler. Toujours en béton, elle fait ses gammes, comme une jeune écolière qu’elle est –une artiste débutante-, elle dessine des bâtons, des ronds, des ovales… elle imprime à la plage une musique qui n’appartient qu’à elle. Sans oublier pour autant la valeur d’usage si chère à Jean Balladur, son Mentor. Les sculptures de Joséphine Chevry auront donc plusieurs vocations : tout d’abord empêcher la plage d’avancer sur le bâtiment et sur les espaces publics, ensuite, protéger les baigneurs du vent, du soleil…

Ecoutez : Joséphine Chevry parlant des sculptures du Point Zéro

Albert Marchais intervient lui aussi dans le même domaine, avec les mêmes contraintes et réalise des œuvres qui marquent durablement la ville d’aujourd’hui. On lui doit le jardin des médailles au pied de La Grande Pyramide ; la Navigarde, ces figures de proue issues d’un bestiaire fantastique qui accueillent les plaisanciers toujours au pied de la Grande Pyramide ;  la dame de la Motte au pied de la Pyramide Delta, les formes oblongues et chantournées des personnages du Village Vacances Familles (actuel Club Bélambra) en collaboration avec Michèle Goalard, le Guetteur, sculpture imposante d’acier Corten sur la presqu’île du Ponant ; les piliers sculptés du Théâtre de Verdure. Il peint aussi, œuvres aujourd’hui disparues, la frise du hall du Palais des Congrès et la façade de l’hôtel Frantel (actuel Hôtel Mercure).
Site internet d’Albert Marchais

D’autres artistes ont également contribué à faire de La Grande Motte une cité de la « culture » pour tous : Yves Loyer crée la grande figure penchée du monument au mort. Ilio Signori produit le mobilier en bronze de l’église Saint-Augustin. En 1995, Jacques Loire, maître verrier à Chartres, réalise les vitraux de l’église.